
Une organisation sanitaire spécifique pour une géographie particulière
Sur ce territoire aussi vaste que l’Europe, vivent 280 000 habitants dispersés sur 118 îles. Pour rallier Papeete, la capitale, à l’île la plus éloignée, quatre heures d’avion sont nécessaires. Cette particularité géographique impose à la Polynésie française une organisation sanitaire spécifique, fondée sur de nombreux dispensaires, des hôpitaux périphériques et un centre hospitalier important, le Centre Hospitalier de Polynésie Française (CHPf) d’une capacité de 534 lits et places.
Le projet d’implantation du CHPf dans de nouveaux locaux – effectif depuis novembre 2010 – a donné lieu à l’élaboration du premier schéma directeur de son Système d'Iformation Hospitalier (SIH). Pour le mettre en oeuvre, une solution novatrice et ambitieuse a été retenue : l’offre Enterprise Service Bus (ESB) d’IBM et sa plateforme SOA intégrée.
Un bus applicatif pour « changer sans tout changer »
L'enjeu, pour le CHPf , était de moderniser son SIH pour mieux soigner et mieux gérer, en privilégiant une approche flexible qui réutilise au maximum le patrimoine applicatif existant.
Trois scénarios ont été élaborés dès 2001 :
- poursuivre avec l’existant autour du serveur d’application IBM AS/400 et intégrer des progiciels selon les besoins,
- remplacer le portefeuille applicatif sous la forme d’un « big bang » par un ERP hospitalier,
- adopter une approche intermédiaire
« Nous avons retenu le scénario 3 qui visait à doter le CHPf d’une infrastructure EAI (Enterprise Application Integration) pour, finalement, nous orienter vers un ESB lors de la révision du schéma directeur en 2005. Avec cette solution, nous pouvions changer sans tout changer. » explique Francis Pezet, Directeur du Système d’information et de l’organisation du CHPf
L’ESB d’IBM et l’interopérabilité : une solution flexible et puissante
Pourquoi ce changement ? Poursuivant son étude avec l’aide de la SSII Belharra, le CHPf a favorisé l’approche la plus flexible possible pour faire communiquer les briques applicatives entre elles et alimenter le DMP, qui constitue désormais la mémoire santé du patient. L’architecture orientée services et la connectivité apportée par l’ESB répondaient à ce besoin fondamental d’interopérabilité et au souhait de l’établissement de préserver les investissements antérieurs, autant matériels qu’applicatifs. Une démarche privilégiée par Belharra pour rendre « agile » le système d’information existant et faciliter le déploiement d’applications transversales et collaboratives.
Après avoir comparé les solutions du marché, le choix technologique du CHPf s’est porté en juin 2009 sur le bus applicatif IBM WebSphere Enterprise Service Bus pour les raisons suivantes :
- Une solution puissante et mature, en phase avec les standards en vigueur (services Web, langage XML, transformation et routageintelligent des messages…).
- Une offre parfaitement intégrée dans la stratégie logicielle d’IBM.
- Un support et un accompagnement de qualité de la part d’IBM et de l’intégrateur Belharra.
En septembre 2009, le Centre Hospitalier de Polynésie Française a commencé à déployer le bus IBM et les services Web en mettant en place un vaste projet d’urbanisation du SIH.
L’accompagnement par IBM et Belharra qui ont construit l’offre globale puis contribué à sa mise en oeuvre - la formation et le transfert de compétence étant assurés par la SSII - et la participation étroite des équipes techniques et médicales en interne, ont été des facteurs clés de succès.
Des flux d’information optimisés
Francis Pezet compare l’hôpital dont la fonction première est de produire des soins, à une multinationale dotée de sites de production multiples. « Comme dans le domaine industriel, nos activités sont de plus en plus liées.Le patient passe d’une unité de soin à une autre, des urgences en chirurgie orthopédique via la radiologie, par exemple. L’enjeu du SIH est d’amener rapidement la bonne information à la bonne personne au bon moment en faisant communiquer la quarantaine de progiciels métiers utilisés dans l’hôpital. »
La nouvelle architecture, plus ouverte et plus flexible, optimise la gestion des flux d’information. Un exemple de réalisation rendue possible : la restructuration du système des prescriptions. Selon Francis Pezet, « il a suffit de moderniser l’ancien circuit du médicament en l’intégrant à l’architecture SOA pour qu’il réponde parfaitement aux besoins de traçabilité et de maîtrise du stock. En plus, nous économisons 12 heures d’infirmière par semaine et par service, redonnées aux soins grâce à la suppression des allers-retours entre la pharmacie et les services sans parler des économies substantielles en terme de médicaments. »
Une architecture au service des métiers de l’hôpital
Les orientations stratégiques retenues lors de la définition du schéma directeur du SIH et de son actualisation pour la période 2008-2013, sont à ce jour concrètement traduites dans le fonctionnement de l’hôpital :
- Le CHPf possède une vision unique, cohérente et exhaustive des données (médicales et administratives) du patient et de la production de soins, ce qui améliore la qualité de la prise en charge du patient.
- Des outils de pilotage permettent une meilleure connaissance de l’activité et une gestion plus rigoureuse des ressources.
- L’adoption et la généralisation des normes propres à l’informatique de santé comme les normes HL7 et IHE sont facilitées.
A cheval entre un Centre hospitalier régional et un Centre hospitalier universitaire, le CHPf dispose d’un plateau technique de pointe et propose un éventail de soins très large : médecine, chirurgie, maternité, pédiatrie, cardiologie, oncologie, rééducation fonctionnelle, scanner…
Aujourd’hui équipé d’un SIH à l’état de l’art, pivot de son fonctionnement, il invite à la constitution d’une communauté hospitalière regroupant 5 établissements de Polynésie française. Il est prévu, dans le cadre du Schéma Directeur Stratégique du Système d’Information de Santé de la Polynésie Française, que la même architecture à base de bus ESB soit au coeur du futur Réseau Santé Polynésien.
